Films (les 50 articles les plus récents)
Ici et Ailleurs (Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Gorin, Anne-Marie Miéville, 1976)
L’ajout d’images aux images, auquel s’ajoutent encore plus de commentaires sur les commentaires, suspendent la crédibilité du film, du cinéma en général
If I had Legs I’d Kick You (Mary Bronstein, 2025)
Quand tous les appuis s’effondrent, extérieurs et intérieurs, la survie dépend de la persistance d’un lien, fut-il le plus fragile, le plus improbable
In die Sonne Schauen aka Sound of Falling aka Les Choses du Passé (Mascha Schilinski, 2025)
Pourquoi continuer à vivre dans un monde où l’on vit pour rien ?
Dead Man (Jim Jarmusch, 1995)
Lu par un unique lecteur, un étranger, un Indien, le poète est voué à une mort gratuite, un retrait digne, dénué de toute transaction
Father, Mother, Sister, Brother (Jim Jarmusch, 2025)
La famille comme lieu privilégié du X sans X : parler sans parler, avouer sans avouer, taire sans taire, transmettre sans transmettre, etc…
Sorry Baby (Eva Victor, 2025)
Ni le viol, ni le trauma, ni la vengeance, n’anéantissent l’ambivalence, ne neutralisent l’ambigüité
Die My Love (Lynne Ramsay, 2025)
Avec la naissance de l’enfant, le monde s’est vidé, ma place est anéantie, plus rien n’a de valeur, ni par le genre, ni par le sexe, ni par la raison
Sinners (Ryan Coogler, 2025)
Un monde où parmi les gens du commun, tous vampirisés, ne peut survivre, par exception, qu’un seul individu singulier
Œdipe-roi (Pier Paolo Pasolini, 1967)
Œdipe errant, aveugle, dégagé de toute généalogie, détaché de toute communauté, chargé de fautes involontaires, pose la question d’une sainteté à venir
Teorema (film de Pasolini, 1968) (Théorème)
Par l’irruption d’un visiteur, le sexuel se désincarne, la famille se déconstruit, chacun se donne sans condition et nul ne connait plus sa place
Pier Paolo Pasolini : La Ricotta (1963), L’Evangile selon Saint Mathieu (1964)
Il faut croire en une parole singulière, nouvelle, protestataire, bien qu’elle institue elle aussi un nouveau pouvoir, autoritaire et dominateur
L’Agent Secret (Kleber Mendonça-Filho, 2025)
Au mal d’archive, on ne peut répondre que par un malaise, un trouble, un aveu d’oubli, de perte irrémédiable
Bugonia (Yórgos Lánthimos, 2025)
Contre une double emprise mortifère, il n’y a pas d’autre antidote que la déconstuction
Resurrection (Bi Gan, 2025)
Il faudrait, pour se déprendre d’un monde chaotique, laisser revenir les rêves, mais nous n’y arrivons pas, car les sens se perdent
Kafka (Steven Soderbergh, 1991)
Redoubler les récits de Kafka par un Kafka supplémentaire qui finit par accepter la fatalité : il n’y a pas d’autre horizon, dans ce monde, que sa propre mort
Jay Kelly (Noah Baumbach, 2025)
Une parodie de déprise parodiant la perte de vie sociale qui arriverait si cette déprise n’était pas une parodie
Last Days (Gus Van Sant, 2005), Cobain, Montage of Heck (Brett Morgen, 2015)
Vie Privée (Rebecca Zlotowski, 2025)
D’un fantasme encrypté, hypnotique, qui efface les pleurs, on ne peut rien dire ni faire
Pi (Darren Aronofsky, 1998)
Comment accéder à la formule numérique de la création sans renoncer à la complexité de la vie ? Telle est la véritable énigme
« Shoah » (Claude Lanzmann, 1985), d’après « Je n’avais que le néant, Shoah par Lanzmann » (Guillaume Ribot, 2025)
Il ne s’agit ni de raconter la Shoah, ni d’en exhiber les archives, mais d’en témoigner, d’y mourir vivant
L’Arbre de la Connaissance (Eugène Green, 2025)
Face aux comportements stéréotypés des foules humaines, à l’indifférenciation du bien et du mal, il faut faire exception
La Religieuse Portugaise (Eugène Green, 2009)
L’amour digne de ce nom creuse un vide en soi pour porter, en l’autre, l’au-delà du rien
Franz K. (Agnieszka Holland, 2025)
Il faudrait, en racontant quelques traits de la vie de Kafka, faire ressentir l’insaisissabilité d’une œuvre inexplicable, mais on n’arrive qu’à enfler encore plus l’infini volume de ses parerga
Toutes les nuits (Eugène Green, 2001)
Il faut un vide pour aimer
Fallen Angels (Un crime passionnel, Otto Preminger, 1945)
Je vais le soutenir, le porter, car je sais à l’avance où cela le conduira – à la neutralisation de ses fautes, au mariage
La trilogie du cycle vital de Lisandro Alonso : La Libertad, Los Muertos, Fantasma (2001-2006)
Réduite à la nudité du cycle vital, l’expérience cinématographique ne débouche sur aucun monde
Orwell, 2+2=5 (Raoul Peck, 2025)
La police de la pensée décrite par Orwell n’est plus nécessaire, car désormais la société s’en charge avec une efficacité inouïe, tant globalement qu’au niveau le plus singulier
Jauja (Lisandro Alonso, 2014)
Une errance à la poursuite de sa descendance jusqu’à la perte totale d’identité, le néant
L’Inconnu de la Grande Arche (Stéphane Demoustier, 2025)
Rêvée comme un art, l’architecture se mue en tombeau de l’architecte
Deux Procureurs (Sergueï Loznitsa, 2025)
Il ne suffit pas de se révolter au nom de la justice, il faut se déprendre, changer de paradigme
Un Poète (Simón Mesa Soto, 2025)
Croire en la possibilité d’une poésie asociale, inconditionnée – c’est un risque, un danger dont les proches doivent se protéger
Myth of Man (Jamin Winans, 2025)
Dans un monde sans parole, sans écoute, sans compassion, il n’y a plus aucun vivant pour porter un enfant
Le Voyage de Morvern Callar (Lynne Ramsay, 2002)
Une appropriation posthume au service d’un énigmatique désir féminin
A House of Dynamite (Kathryn Bigelow, 2025)
Où l’hypercalculable basé sur le plus scientifique et procédurier des calculs aboutit à la plus radicale indécision
Ce que cette nature te dit (Hong Sangsoo, 2025)
Il faudrait, pour se dissocier légitimement du monde, être un poète exceptionnel, unique – celui qui n’en est pas digne est rejeté, méprisé
L’Étranger (Albert Camus 1942, Luchino Visconti 1967, François Ozon, 2025)
Étranger au monde, indifférent à ses valeurs, il assume le geste qui, par la peine de mort, l’en séparera pour toujours
La Dame de Shanghai (Orson Welles, 1947)
Il faut, pour survivre, accepter l’incompréhensible, renoncer au calculable
Touch of Evil (La Soif du Mal) (Orson Welles, 1958)
Le mal surgit quand la chaîne des promesses, des dettes, des reconnaissances et des représailles s’altère, se dérègle, se disloque
Chronology of Water (Kristen Stewart, 2025)
Un film ultra-féminin qui décrit l’immersion corporelle, émotionnelle et sexuelle dans le phallo-pouvoir, son écriture et la voie d’un certain apaisement
Deux Pianos (Arnaud Desplechin, 2025)
Se déprendre de l’autre pour continuer à vivre
Nouvelle Vague (Richard Linklater, 2025)
Combiner dans le même mouvement la déprise et l’affirmation d’une pensée singulière
Weapons aka Evanouis (Jack Cregger, 2025)
Rien ne peut empêcher que le rêve de vengeance, de possession, d’emprise mentale sur autrui, déborde de son intention initiale
Yes / Oui (Nadav Lapid, 2025)
On ne peut dire « Oui » à l’impardonnable sans s’auto-détruire
Une bataille après l’autre (Paul Thomas Anderson, 2025)
Il faut préférer l’hybridation à la confrontation violente des appartenances et des opinions
Brazil (Terry Gilliam, 1985)
Il faut, pour que triomphe le pouvoir absolu, réduire les fantasmes à néant, car ils se présentent comme les plus dangereuses des pensées
1984 (George Orwell, 1948, Michael Radford, 1984)
Pour s’imposer absolument, le souverain ne doit pas seulement commander aux vivants, à la société, il faut aussi qu’il commande absolument à la pensée
Kontinental 25 (Radu Jude, 2025)
Je me sens coupable d’une situation à laquelle je suis, de fait, associé·e, et nul ne peut guérir, ni même alléger ma culpabilité
La Venue de l’Avenir (Cédric Klapisch, 2025)
Nepo babies et Nepo art – Un film de retrouvailles familiales qui laisse entendre que l’art ne vaut que par sa valeur mémorielle ou marchande
After Hours (Martin Scorsese, 1985)
Une nuit de chaos qui, en définitive, ne change rien – car jamais le héros ne se détache de la faute
Gerry (Gus Van Sant, 2002)
Il aura fallu perdre son chemin pour mettre à l’épreuve la fraternité
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